Acrata

La révolution russe étranglée par les bolchéviks

ou la faillite de toute vision autoritaire de la révolution sociale

Samedi 28 octobre – 18h00 – Discussion

« Le soir du 25 septembre 1919, à l’assemblée du co­mité du parti bolchévik de Moscou, était examinée la question des moyens de lutte contre le peuple révolté. Les maîtres bolchéviks s’étaient prononcés à l’unanimi­té en faveur de l’adoption des mesures les plus extrêmes contre les ouvriers, les paysans et les soldats rouges in­surgés, les anarchistes et les socialistes-révolutionnaires de gauche, jusqu’à vouloir instaurer un état d’urgence à Moscou, avec fusillades de masse. Les plans des bol­chéviks ont été déjoués.
Au moment précis du vote et de l’adoption de ces me­sures contre le peuple, les partisans-insurgés révolution­naires on fait sauter le bâtiment du comité moscovite du parti des communistes-bolchéviks. Les débris de ce bâti­ment sont l’abri adéquat pour les représentants du plus que sanglant parti réactionnaire des bolchéviks et des commissaires.
Telle est la vengeance des partisans-insurgés révolu­tionnaires à l’encontre des « tchékistes » et des « com­missaires », pour les dizaines de milliers de paysans, travailleurs et membres de l’intelligentsia laborieuse fu­sillés, pour la trahison des makhnovistes d’Ukraine, pour les exécutions et les arrestations d’anarchistes, pour la dissolution de leurs groupes et fédérations dans toutes les villes et villages, pour la fermeture de tous leurs jour­naux et revues. »

À l’heure où des autoritaires de tout bord organisent conférences, débats et commémorations pour célébrer le centième anniversaire du coup d’État bolchévik de 1917, tentant de redorer le blason de dictateurs, ennemis sanguinaires de l’auto-organisation révolutionnaire et de la liberté, et de ressusciter la conception autoritaire de la révolution sociale, totalement et définitivement désavouée par la longue histoire d’atrocités et d’en­terrements de véritables révolutions commis par ses adeptes et commissaires, nous aussi proposons de jeter un regard en arrière. Mais un regard totalement autre, qui tentera de scruter le panorama des événements de 1917 et les années qui ont suivis pour découvrir les aspi­rations révolutionnaires des paysans et des ouvriers, le bouleversement total pour lesquels elles et ils ont com­battu, les terrorismes bolchévik et blanc auxquels ils se sont heurtés. De nombreuses révoltes et insurrections, dans les villes, les forêts, les bases militaires, les usines et les campagnes, se sont opposées dans ces années révolutionnaires à la constitution de l’État bolchévik, l’étrangleur de toute tentative de se débarrasser défini­tivement de toute oppression et de toute exploitation.

Revenir sur ces années-là peut nous apporter une lu­cidité quant à la vision autoritaire sur la révolution, à la faillite de toute perspective étatiste pour transformer la société, aux dangers des « fronts communs » avec des partisans d’un nouvel Etat – aussi socialiste, commu­niste, prolétaire qu’il se prétende.

Présentation et débat, suivi d’une soirée-apéro à la mémoire de la révolutionnaire Fanny Kaplan, qui, après des années passées au katorga en Sibérie et constatant le tournant totalitaire que prennent les événements sous l’influence des bolchéviks, tenta en 1918 de mettre fin à la vie de Lénine.

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This entry was posted on 20/10/2017 by in Uncategorized.