Acrata

La transformation en cours à Bruxelles

Jeudi 1 décembre – 19h30

/Discussion/

De manière toujours plus évidente, les métropoles sont des champs de bataille. Leur configuration mêle plus ou moins intérêts et infrastructures sensibles du pouvoir en place d’une part et de possibles concurrents ou adversaires de l’autre. Il suffit de penser aux miséreux innombrables qui viennent s’entasser dans les quartiers pauvres et les ghettos métropolitains, chassés par le génocide capitaliste. Ce monde pourri continue bel et bien de produire des insatisfaits et des enragés, condamnés à une misère sans retour, prêts à s’insurger pour les raisons les plus variées. Et c’est vrai, ces indésirables ne peuvent pas rester de façon heureuse côte à côte avec tout ce qui permet techniquement la reproduction de l’existant.
À partir de là, l’exercice contemporain du pouvoir ne consiste pas à agir sur les causes et les manières d’empêcher les tensions sociales mais découle des tentatives de faire face à une situation toujours plus difficile à gérer, et d’en tirer profit. C’est sans doute dans ce cadre qu’il faut considérer le nouveau modèle de domination en train de naître, et qui vise à établir un contrôle généralisé et sans limite des individus. Aujourd’hui, chacun.e peut constater combien ce projet s’affirme dans toute sa force : multiplication d’outils de contrôle destinés à surveiller et pister les individus « inadaptés » ; omniprésence des cartes magnétiques qui permettent un fichage généralisé des achats, des déplacements, des habitudes ; restructuration du droit pour élargir le champ d’application de la législation antiterroriste ; réaménagement des espaces urbains pour les besoins policiers et de contrôle ; et j’en passe… Dans une métropole érigée toujours plus à l’image d’un camp de concentration hypertrophié.
Et comme de tels restrictions de la liberté (qui nous reste) ne peuvent être imposées et maintenues que par la force, il faut logiquement répandre l’acceptation de la violence d’Etat dans toutes les sphères de la vie sociale. C’est la déstabilisation de la société à travers la thèse de l’exception permanente qui va produire la légitimation des « pouvoirs d’urgence » et s’imposer comme la nouvelle norme sociale. À l’instar de l’après 11 septembre 2001, la récente vague d’attentats en Europe a charrié avec elle les derniers prétextes du contrôle militaro-policier en continu. En fin de compte, le déploiement de militaires dans les rues n’est que la partie immergée du processus d’inclusion de la guerre dans le quotidien.

Pour tenter de bouleverser le cours des choses, il s’agit donc bien d’attaquer cette logique d’ensemble. Pour cela, il est aussi nécessaire d’approfondir les analyses et les recherches d’informations afin de mieux connaître l’ennemi que nous voulons combattre. Comme pour faire un saut avant de passer à l’action, portés par nos idées et nos aspirations de liberté.

Divers textes sur le sujet sont d’ores et déjà disponibles au local.

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This entry was posted on 09/11/2016 by in français.