Acrata

Docu: La trahison de la technologie

Jeudi 22 novembre à 19H30

Documentaire avec Jacques Ellul, suivi d’une discussion

Jacques Ellul a écrit nombreuses ouvrages sur la technologie et la technique et comment elles déterminent de manière fondamentale les rapports sociaux. Mais son combat, c’est aussi une lutte acharnée contre la fatalité. Et si aujourd’hui ce ne seront pas les grandes masses à se soulever contre le destin technicien de l’humanité, au moins les individus seront toujours capables de dire non et de se révolter.

On projetera un documentaire avec Jacques Ellul, entretien réalisé au début des années 90 qui esquisse bien ses pensées. Suivi d’une discussion.

« Pour retrouver un sens, il faut mettre en question ce qui n’a pas de sens. Nous sommes entourés d’objets qui sont actifs, qui sont efficaces, mais qui n’ont pas de sens. Autant une oeuvre d’art a un sens ou plusieurs sens, ou provoque chez moi un sentiment, une émotion qui donnent un sens à ma vie, autant le produit technique n’en a pas. D’autre part, nous sommes devant l’obligation de redécouvrir des vérités fondamentales que la technique efface, ou ce que l’on peut appeler des valeurs importantes, essentielles, pour que l’homme découvre que la vie vaut la peine d’être vécue. Autrement dit, à partir du moment où je considère que la situation est vraiment dangereuse, je dois mettre en mouvement bien plus que des techniques, mais toutes mes capacités intellectuelles, humaines, mes relations avec les autres, créer des mouvements, etc. C’est à dire que c’est lorsque je pense qu’il y a le risque d’une fatalité, autrement dit que les choses risquent de se développer comme un destin pour l’homme – et j’ai écrit que la technique finalement se développait comme une sorte de destin pour l’homme,- c’est à ce moment-là que l’homme doit se révolter et refuser que ce soit un destin. Et à ce moment-là, nous retrouvons ce que l’humanité a toujours fait quand elle s’est trouvée en présence d’un destin. Il suffit de se rappeler toutes les pièces de théâtre grecques où c’est en présence de la fatalité que l’homme se dresse en disant: Non. Je veux aussi que l’humanité existe, que la liberté existe. À ce moment alors, il faut espérer, non pas remporter des victoires très rapides, il ne faut pas espérer que nous aurons une facilité dans le combat, mais il faut savoir que nous continuons à remplir notre rôle d’homme; en réalité c’est une situation qui n’est pas insurmontable, il n’y a pas de fatalité que nous ne puissions pas vaincre; seulement alors il faut des raisons très profondes pour se mettre à lutter. Il faut avoir des convictions très fortes. Il faut vouloir que l’homme continue à être un homme. »

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This entry was posted on 06/11/2012 by in français.